IAIDO
RIS-ORANGIS

​L'art du maniement du sabre japonais​
Le club est affilié CNK (FF Judo)
N° EI 910046

L'esprit du iaido

Disours de Ogura Sensei

​Stage national de Strasbourg, février 2009

         Le Iaido, que vous pratiquez de votre mieux avec beaucoup d’enthousiasme, est un art martial qui existe depuis à peu près 500 ans.
C’est un art qui a été conçu dans le but de faire tomber son adversaire. Il y a différents mots qui ont servi à définir cet art, comme le Batto Jutsu et le Iai Jutsu.
Ce Jutsu a ensuite évolué pour se transformer en Michi, le DO, « la voie ». L’évolution de cet art martial s’est faite à partir de la base qui consistait à renverser ou détruire l’adversaire. Et la voie du Iaido s’est finalement transformée en un art consistant à évoluer soi-même, travailler son cœur, et aussi considérer son partenaire comme un partenaire, et non plus comme un adversaire à tuer.
L'un des buts principaux, c’est de travailler son propre CŒUR et son ESPRIT.

Dans la longue histoire de l’évolution du Iaido, ce qui compte aujourd’hui n’est plus la compétition en tant que telle, le fait de gagner, le passage de grade ; ce n’est pas ça l’essence. Le fait d’évoluer et de faire des compétitions pour monter en grade, c’est une évolution d'un processus, ce n’est pas un but en soi. Ce qu’il faut, c’est avoir du plaisir dans ce processus, c’est lui qui fait évoluer en grade. Le but n’est pas de dire : « Voilà ça y est, j’ai passé mon grade, j’y suis arrivé. » C’est juste un moyen, ce n’est pas la finalité.
Le but est de s’impliquer de façon fondamentale et profonde pour évoluer dans son art. En pratiquant le Iaido de façon vraie et fondamentale, quand on avance, on ne dit plus de mal des autres, on ne se vante plus « moi je, moi je… ». Tout ça disparaît et on arrive par avoir un Cœur vrai.

Le fait de faire des exercices de façon assidue, cela permet de travailler son Cœur, en apprenant de façon vraie, les Waza permettent de travailler son Cœur. Grâce à ce processus vous devenez des Êtres de Bien, c'est-à-dire vrais et justes. Si vous n’arrivez pas à avoir le Cœur vrai, pur, vous ne pouvez pas faire correctement les Waza, ce n’est pas possible.
Un dicton des temps anciens dit que la façon d’utiliser le sabre sera pure si le Cœur est pur. C’est la conséquence de l’état du cœur qui se reflète sur le sabre, c’est ça l’Esprit du Iaido.

Le sabre que vous utilisez, a été fabriqué par une qui l'a fait avec tout son Cœur, avec toute sa personne. Le sabre a ainsi une vraie valeur.
Je voudrais vous raconter une histoire célèbre à l’époque SenKuDai, époque des guerres au Japon.
Il y avait un sabre tellement exceptionnel que maintenant, il est considéré comme « Trésor National ».
Masamune était un forgeron très connu au Japon dans le milieu des arts martiaux. Il avait deux disciples très bons qui sortaient du lot. Ces deux disciples exceptionnels s’appelaient Muramasa et Sadamure.
Un jour, Masamune a proposé à ses 2 disciples de s’affronter pour gagner sa fille comme enjeu de l’affrontement. L’idée était que l’un des 2 disciples se marie avec sa fille pour prolonger la lignée de la famille. Les 2 disciples ont alors dû fabriquer un katana. Une fois finis, les katanas ont été plantés dans une rivière qui passait à proximité de la maison du maître. Puis, en amont, de la paille a été jetée dans la rivière.
En descendant l’une des pailles a rencontré le sabre de Muramasa, et la paille a été coupée délicatement. Par contre, au moment où la paille a rencontré le sabre de Sadamure, elle s'est accrochée au sabre ; la paille n’a pas été coupée. Le maître Masamune a retiré le sabre de Sadamure de la rivière, alors la paille a été coupée.
Sadamure a dit « j’ai gagné la compétition ». Il espérait se marier avec la fille de Masamune et continuer la lignée de la famille.
Vous pensez que le maître a choisi lequel des 2 disciples ? Le sabre qui a coupé la paille ? Ou le sabre qui a coupé la paille en sortant la lame de l’eau ?
C'est Sadamure qui a remporté la main de la fille de Masamune.
La différence entre les deux c’est le Cœur. Pour Sadamure, ce n’était pas seulement la lame, mais la façon de l’utiliser qui comptait.
Le plus important pour un Samouraï n’est pas d’avoir un sabre qui coupe correctement, mais plutôt d’avoir un sabre que l’on va utiliser. C’est pour cela que l’esprit de la personne qui a fabriqué le sabre est très important.
Déjà à l’époque des guerres au Japon, le Cœur était important.

Vous le savez déjà, mais je voudrais répéter que ce qui est important pour le Iaido, c’est le Kokoro, le Cœur.
Donc, ce qui importe n’est pas de se combattre, mais c’est le faire de façon pacifique, c’est la paix qui ressort de la pratique.
Un des rêves, un des objectifs fondamentaux de l’art martial, c’est que tous les pratiquants d’art martiaux du monde s’entendent bien, qu’ils soient unis d’un même Cœur. Il ne faut pas de distension entre les pratiquants, tout cela est pour contribuer à la paix dans le genre humain. Il faut faire en sorte d’avoir le Cœur et le Corps qui soient ensemble, de façon à s’unir.
Ce qui est important dans la pratique des techniques, c’est surtout l’éducation du Cœur.

Donc, le but de la pratique du Iaido, c’est d’aspirer à la perfection, au progrès de l’être humain, de son caractère.
Ce qui est important pour les Samouraïs d’aujourd’hui, ce n’est pas d’être bon ou mauvais au Iaido. C’est de savoir si l’on a un Cœur juste, idéal, adapté.

Vous avez tous déjà fait de votre mieux jusqu’à maintenant. Mais je voudrais que vous cherchiez à pratiquer votre art martial en cherchant la direction du Cœur. Donc, je voudrais que vous continuiez à éduquer votre Esprit et à le faire grandir dans la pratique.
Nous-mêmes Japonais, nous avons réussi à avoir des Dan. Mais nous avons aussi une longue pratique, depuis très longtemps, de façon intensive. Et malgré tout, ce n’est pas fini. Ce qui veut dire que même ceux qui pratiquent depuis longtemps n’y sont pas encore arrivés.
Vous qui pratiquez dans la même direction, pour devenir des Samouraïs véritables, je voudrais que vous me permettiez de vous aider, de mon mieux, pour vous aider à avancer.

Ogura Noboru
Transcription extraite d'une video par Marc Domon

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